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Ils redoutent la liste qui définira les professions habilitées
à dresser des actes authentiques
Le
problème de l’authentification des actes touchant la copropriété
commencerait-il à entrevoir le bout du tunnel? Il semblerait que
cette question divise encore les professionnels du secteur. Et pour cause,
les promoteurs immobiliers ne sont pas encore satisfaits du déroulement
de la procédure de signature du contrat de prêt relatif à
l’acquisition d’un bien en copropriété. Rappelons
que la nouvelle loi est entrée en vigueur le 8 novembre dernier.
Les professionnels, notamment les banquiers et les notaires ont bénéficié
d’une année pour se mettre en conformité avec ce texte,
qui exige l’authenticité pour tout acte touchant à
la copropriété. Toujours est-il, selon un promoteur immobilier,
les contrats de prêt sont encore bloqués pour la majorité
auprès des banques. «Dans tous les cas, lorsque ces dernières
décident d’octroyer crédit, elles exigent des frais
de dossier. Et le client doit également payer le notaire, outre
les frais du contrat de vente et la taxe notariale», s’insurge-t-il.
Les notaires, pour leur part, assurent que cette question ne présente
pratiquement plus de difficultés. «Les banques commencent
à nous confier la rédaction de leurs contrats de prêt.
Le client demande un crédit avec le compromis de vente, et une
fois l’accord bancaire donné, le dossier est transmis au
notaire qui rédige le contrat en entier, dont la clause hypothécaire
(garantie bancaire)», indique Me Alami, notaire à Casablanca.
«Il était tout à fait normal de passer par un temps
de flottement. La loi étant nouvelle, un temps d’adaptation
était nécessaire pour que tous les professionnels mettent
en conformité leurs procédures», selon un de ses confrères.
Par ailleurs, ces professionnels soulèvent un autre problème.
Il s’agit de la légalisation des signatures des actes touchant
la copropriété dressés par les avocats. Cette légalisation
doit être effectuée au secrétariat-greffe du Tribunal
de Première Instance (TPI) dans le ressort duquel exerce l’avocat,
et non pas dans celui où se trouve l’immeuble (article 12).
«C’est scandaleux! s’écrie un promoteur immobilier
qui requiert l’anonymat, la nouvelle loi nous oblige à nous
déplacer sans cesse pour la légalisation des actes».
«Cette pratique causerait à l’évidence un encombrement
de plus au secrétariat-greffe du tribunal», soutient Chakib
Ghiati, notaire à Berrechid. Autrement dit, et dans l’état
actuel des choses, le secrétariat-greffe aura à légaliser
des milliers de contrats. Cependant, c’est la liste des professions
juridiques habilitées à dresser des actes authentiques qui
suscite le plus de débats. «Cette liste est tout simplement
contraire à la loi. Elle donnerait la compétence à
des professions sans que leurs lois organiques n’en prévoient
la responsabilisation nécessaire», explique Alami. Pour d’autres
professionnels, il s’agit tout simplement d’une erreur de
traduction du texte en arabe. «Le législateur a certainement
visé les professions juridiques au lieu et place des professions
légales», fait observer Me Ghiati. En effet, les seules professions
juridiques réglementées et habilitées à rédiger
ces actes sont celles du notaire, du adel et de l’avocat. «Un
conseiller juridique ou un écrivain public ne constituent pas des
professions réglementées au sens de la loi», continue
Ghiati. En attendant cette liste, adoul, avocats et surtout les notaires
croisent les doigts. Combien de professionnels seront habilités
à rédiger des actes authentiques? La réponse révélera
certainement le manque à gagner pour les notaires, considérés
jusqu’alors comme les maîtres des lieux. Autant dire qu’une
fois de plus, l’argent est le nerf de cette agitation.
Paru
dans L'economiste
n°1658 du 9 décembre 2003
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