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Pour de nombreux professionnels, certaines dispositions restent difficiles
à appliquer
Nous
avons raté le virage de la réforme. Mais la nouvelle loi
sur la copropriété n'en constitue absolument pas la cause”.
Es-said Boujida, notaire à Casablanca et membre de la Chambre de
notariat moderne, assure que la polémique qui entoure le nouveau
texte reste ponctuelle. C'était lors du débat organisé
par l'Institut des hautes études de management (HEM), le 23 décembre
à Casablanca, autour du thème “la nouvelle législation
sur la copropriété”. Pour ce notaire, les problèmes
ne sont en aucun cas dus aux nouvelles dispositions: “la loi répond
à un besoin de sécurité en matière de transaction
juridique, elle est de ce fait très bénéfique pour
le secteur et surtout pour le consommateur final du bien immobilier. Il
nous faut juste prendre le temps de bien nous y adapter”, indique-t-il.
Fayçal Benjelloun, président de la Chambre de notariat moderne,
n'en pense pas moins. “Avec le nouveau texte, le législateur
entend mettre un terme aux abus en matière de vente de biens immobiliers
en général et qui se chiffraient en millions de DH. Les
actes touchant la copropriété sont très dangereux
car ils traitent avant tout d'un droit primordial qu'est la propriété”,
souligne ce notaire.
Les responsables des sociétés de syndic semblent en revanche
moins enthousiastes. La nouvelle loi constitue certes une garantie majeure
pour les copropriétaires “mal informés jusque-là,
et par conséquent victimes de nombreux abus”, déclare
Abdessalam Lahlou, DG de la société Le Syndic, “mais
elle n'en reste pas moins difficile à appliquer en pratique”.
Pour étayer ces propos, Lahlou donne l'exemple de la solidarité
des copropriétaires en matière de paiement des charges des
parties indivises. Et ce sont généralement les nouveaux
acquéreurs de biens en copropriété qui subissent
les affres de cette solidarité. Selon un expert, le cédant
doit absolument joindre au contrat de vente un quitus prouvant le paiement
total des charges des parties communes, “et c'est le notaire qui
doit exiger ce quitus. C'est d'ailleurs un exemple édifiant de
l'importance de l'acte authentique dans ce type de transactions”,
est-il ajouté. Toujours est-il que ce quitus n'est pas automatiquement
sollicité par le notaire, ce qui cause généralement
un lourd désagrément à l'acquéreur qui se
trouve contraint à payer le reliquat des charges de copropriété.
Outre ces problèmes pratiques, le décret d'application du
nouveau texte qui devait voir le jour directement après l'entrée
en vigueur de la loi est toujours impatiemment attendu par les professionnels.
Sont donnés en exemple le règlement de copropriété
type qui doit normalement suppléer à l'absence de règlement,
ou encore le plan comptable propre à la copropriété
et qui est destiné à régir toutes les opérations
qui touchent aux parties indivises. La réglementation des sociétés
de syndic fait également défaut. “Ces sociétés
qui sont des gestionnaires de parcs immobiliers, collectent et gèrent
les fonds des copropriétaires sans être pour autant cautionnées”,
soutient Lahlou. Selon lui, le syndic professionnel n'est ni une banque
ni une caisse, et pourtant, il régit des fonds très importants.
Cela est très dangereux dans la mesure où cette activité
n'est pas encore réglementée.
Paru
dans L'economiste
n°1670 du 25 décembre 2003
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