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Rachid Jamaï, actuel président, veut se présenter pour
un troisième mandat
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Ses détracteurs l’accusent de ne pas respecter les statuts
de la CGEM
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L’arrivée de nouvelles associations risque d’influencer
le vote
Sur
fond de polémique intense concernant l’élection de
son président, la Fédération nationale de l’immobilier
(créée en 1999) est dans l’impasse. L’AGO (assemblée
générale ordinaire) devait normalement se tenir le 17 septembre
dernier, soit un mois après celle de la CGEM. Trois mois sont passés
et les différentes associations de la FNI n’ont pas encore
trouvé le chemin des urnes.
Selon Youssef Benmansour, président de l’importante association
des lotisseurs, promoteurs immobiliers de Casablanca, ALPIC, ce retard
est imputable à deux raisons. «D’abord, des associations
régionales et des corps de métiers ont demandé l’ajournement
de l’AGO en vue de se mettre à jour vis-à-vis de la
CGEM». Sans quoi, elles ne peuvent participer au vote. Dans le même
ordre d’idées, Saïd Sekkat, secrétaire général
de la FNI, affirme que «le report a été demandé
par l’association de Fès qui n’était pas encore
membre de la CGEM».
D’autre part, Rachid Jamaï, actuel président de la Fédération
et qui a consommé deux mandats consécutifs, veut se présenter
pour un troisième. Ce que contestent ses détracteurs. Ces
derniers considèrent que «Jamaï ne respecte pas ainsi
les statuts de la CGEM qui stipulent qu’un candidat ne peut se présenter
pour un troisième mandat». Pourtant, au mois de novembre
2002, Jamaï affirme avoir proposé que sa fédération
devienne externe à la CGEM. «Ce qui est tout à fait
légitime, dans la mesure où la plupart des grandes fédérations
le font pour avoir leurs propres statuts et surtout l’autonomie
financière». Il souligne que les nouveaux statuts de la Fédération
sont déjà entre les mains de la CGEM, qui décidera
le 11 décembre 2003. Cependant, les détracteurs de Jamaï
y voient une manœuvre électoraliste. Sekkat, qui est son principal
concurrent, estime que Jamaï veut contourner le problème de
son éligibilité en agissant sur les nouveaux statuts».
Une opinion que partage Benmansour.
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Bourrage d’urne?
CEn
tout cas, si les nouveaux statuts soumis par la FNI à la CGEM sont
approuvés d’ici le 11 décembre, Jamaï aura toutes
les chances de se présenter pour un troisième mandat.
Entre le 17 septembre et le 22 octobre derniers, délai d’une
deuxième AGO qui a été reportée, un certain
nombre d’associations se sont inscrites au vote. Sekkat y voit «une
manière suspecte de transformer le corps électoral en un
bourrage d’urne»: de 150, le nombre de voix est passé
à plus de 300. Les promoteurs immobiliers craignent que l’arrivée
en force des associations de corps de métiers (topographes, ingénieurs
en génie civil, spécialistes en transactions immobilières…)
n’influence trop le vote. Ce qui n’est pas sans créer
un climat de suspicion parmi les promoteurs quant au résultat du
vote. Pourtant, la démarche des associations de corps de métiers
est parfaitement compréhensible puisqu’elles tendent à
mieux défendre leurs intérêts au sein de la Fédération.
Les promoteurs qui sont les donneurs d’ordres ont peur qu’un
topographe ou un ingénieur ne brigue la présidence. Quant
aux concurrents de Jamaï, ils redoutent que «les nouveaux arrivés
le soutiennent».
Par ailleurs, l’actuel président de la FNI est accusé
de défendre les intérêts des promoteurs dans le logement
social. Jamaï s’en défend fortement en affirmant que
sa démarche s’inscrit «dans la politique gouvernementale
de promotion de l’habitat social dans le cadre des 67.000 logements
sociaux». «Les promoteurs immobiliers du moyen et haut standing
ne sont pas contents, mais il est plus facile d’arracher des avantages
pour le logement social», renchérit-il. Jamaï considère
le logement social comme une cause à défendre et «un
vecteur de développement économique et social». «C’est
ce qui marche le mieux», se permet-il de dire.
Jamaï se vante par ailleurs d’avoir élargi la Fédération
à d’autres promoteurs et corps de métiers. Pour faire
encore mieux, il estime que l’externalisation donnera plus de marge
de liberté à l’institution.
Si elle est acquise, les concurrents dans la course seront sur une nouvelle
ligne de départ. «Si je suis à nouveau élu,
je continuerais à défendre la politique du logement social.
Je ne peux en aucun cas céder aux pressions de mes détracteurs
puisque j’adhère parfaitement à la politique gouvernementale
d’accès au logement à 120.000 DH», conclut-il.
Difficile d’en convaincre les promoteurs dans le moyen et le haut
standing qui se disent lésés par «l’engagement
social de Jamaï».
Paru
dans L'economiste
n° 1658 du 9 décembre 2003
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