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A Casablanca, l'Administration exige le paiement de la taxe notariale,
calculée sur le montant total de l'hypothèque
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Les promoteurs immobiliers pris au piège de l'interprétation
plurielle de la loi de Finances.
La
loi sur la copropriété n'a pas fini de faire de vagues.
C'est de l'enregistrement des actes de mainlevées d'hypothèques
dans les transactions immobilières que viennent aujourd'hui les
problèmes. Les dispositions de l'article 13 de la loi de Finances
sont sans ambiguïté : «un droit fixe de 300 dirhams
au lieu de 0,50% est institué pour les mainlevées d'hypothèques
et de nantissement».
Or, dans les faits, les services d'enregistrement à Casablanca
ont leur propre lecture de cette mesure. En plus de 300 dirhams de droits
fixes, ils exigent le paiement de 0,5% lorsque l'acte enregistré
arrive via le notaire au titre de la taxe notariale, la base de calcul
étant la totalité de la mainlevée et sur chaque appartement
vendu! Ce dont s'étonne un notaire qui estime que la taxe notariale
doit être perçue une seule fois et non à chaque présentation
d'une mainlevée partielle d'hypothèque qui confirme l'existence
de ce problème.
Inflexible, l'Administration ne veut rien savoir. Le comble est que ce
même acte qui serait enregistré par un adoul ou un avocat,
habilités par la loi de la copropriété à authentifier
aussi des actes juridiques, ne serait soumis à aucune autre taxe
que les droits fixes de 300 dirhams.
Mais il y a plus grave: selon les préfectures, tous les receveurs
des droits d'enregistrement n'ont pas la même exégèse.
Beaucoup de notaires et d'opérateurs immobiliers voient dans cette
incohérence, la conséquence des disparités des services
dans l'Administration. Comment dans la même ville, un service peut
avoir plusieurs interprétations d'une même loi?
Chez certains promoteurs, les conséquences sont déjà
«catastrophiques». Depuis plusieurs mois, il est, dit-on,
impossible d'enregistrer quoi que ce soit dans les livres de la Conservation
foncière.
Impossible non plus de remettre de titre foncier aux acquéreurs
de logement qui ont par ailleurs commencé à régler
des traites et donc des intérêts sur le crédit contracté
pour le financement de leur appartement. Par centaines, des clients furieux
se retournent vers les promoteurs auxquels ils réclament remboursement.
La réaction était prévisible car eux aussi doivent
affronter leurs banques qui leur réclament l'hypothèque
de premier rang et qu'ils ne peuvent produire. La situation en est là
aujourd'hui.
Pour les promoteurs, le blocage peut entraîner des dégâts
sur le plan financier: faute de pouvoir enregistrer des mainlevées,
ils ne peuvent honorer leurs engagements auprès de leurs banquiers
qui décomptent au passage les intérêts de retard.
Contactée, la direction générale des Impôts
se dit prête à examiner le problème et à clarifier
la doctrine sur ce sujet auprès de ses services. En attendant,
le blocage se dessine. Pour l'instant, le notaire étant la seule
voie d'authentification des actes juridiques qui soit opérationnelle,
les opérateurs n'ont pas le choix.
La possibilité prévue dans la loi sur la copropriété
de recourir à un autre professionnel agréé autre
que le notaire n'est que virtuelle valeur aujourd'hui. La fameuse liste
qui devrait être fixée par voie réglementaire fait
l'objet d'une âpre bataille en coulisses, plusieurs professions
libérales voulant mettre fin au monopole des notaires.
A l'origine, elle devait émaner du ministère de la Justice,
mais selon nos informations, l'Habitat, l'Agriculture et le Secrétariat
général du gouvernement seraient associés à
sa constitution. Le sujet est explosif. Par ailleurs, il n'est pas non
plus possible d'emprunter la voie des avocats parce que les tribunaux
de première instance ne sont pas encore organisés matériellement
pour les légalisations de signature auprès du secrétariat
du greffe. Cela s'appelle de l'impréparation.
Paru
dans L'economiste
n° 1715 du 1 mars 2004 |
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