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Extrait,
récupéré, remodelé, le marbre rehausse
par sa pureté et sa beauté les lieux qu'il habille.
En contraste avec la brutalité de son origine, noble et délicat,
il apparaît à la maturité des civilisations
et exprime souvent un défi lancé au temps.
Une fois extrait de la carrière, le marbre arrive chez le
marbrier sous forme d'énormes blocs. Il est travaillé
artisanalement losqu'il s'agit de sculpter toute uvre d'art.
Lorsqu'il s'agit de travail en volume, tel que fontaines ou chapiteau,
le bloc est découpé sur six faces. Le sculpteur trace
ensuite son épure directement sur le matériau et à
mesure que se dégage le volume de la pièce à
exécuter, il trace et retrace à nouveau au fur et
à mesure que celle-ci s'estompe sous les ciseaux.
La délicatesse de l'ouvrage impose au sculpteur une propreté
d'environnement.
Intervient ensuite le polissage lorsque la sculpture proprement
dite est achevée, travail délicat de finesse, de précision
et de patience.
Les opérations de façonnage sont longues du fait de
la dureté du matériau et paradoxalement de sa fragilité.
Les
ouvrages que le maallem marbrier est le plus souvent appelé
à réaliser sont :
- Les
piliers, colonnes
La colonne
On
retrouve dans les constructions musulmanes la colonne antique avec
tous ses composants d'origine : un fût monolithique galbé,
un chapiteau pyramidal le plus souvent de style corinthien ou composite,
une base discrète à même le sol.
C'est au XIVème siècle que la colonne hispano-mauresque
apparaît dans la pureté de sa ligne. Son fût
d'une seule pièce est désormais cylindrique, d'une
proportion plus allongée qui lui confère sveltesse
et élégance. Surmontée du caractéristique
chapiteau à dé cubique qui prolonge si parfaitement
le fût, la colonne est souvent accouplée.
Son histoire n'est qu'une suite de conquêtes qui s'étendent
à l'ensemble du Maghreb où elle impose à l'édifice
un rythme nouveau.
Le chapiteau
Le chapiteau, épanouissement de la colonne, à travers
des modifications successives, va définir un ordre nouveau
au Maroc, libéré de l'empreinte gréco-romaine.
Les chapiteaux maghrébins
se développent sous deux grandes influences : les uns directement
inspirés des modèles antiques les autres plus spécifiquement
d'inspiration andalouse .
La modification la plus importante concerne le volume du chapiteau.
Le galbe tronconique primitif disparaît peu à peu et
se transforme en deux parties qui s'opposent, l'une inférieure
et cylindrique, l'autre supérieure et cubique. La partie
prismatique du chapiteau andalou va recevoir une abondante décoration
d'entrelacs, de fleurons ou de calligraphie, tandis que le cylindre
inférieur conservera le ruban serpenté en une sorte
de broderie légère.
L'évolution de cet élément architectural sera
continu. Des chapiteaux saadiens de Marrakech jusqu'à ceux
de nos jours, se développe l'expression d'un art authentique
et vivant.
- Les sols : esplanades, patios, allées de jardins peuvent
être habillés soit de plaques du même matériau,
soit de deux ou plusieurs types de marbres, soit encore de carreaux
de marbre entrecoupés de zelliges. Ce mélange de marbre
et de zelliges a pour but une recherche non seulement décorative
mais aussi technique; les joints de zelliges évitent au marbre
les inconvénients de la dilatation qui peut être importante
en raison des grands écarts de température que l'on
rencontre à Fès
ou Marrakech.
- Les fontaines : la vasque est toujours taillée dans un
seul bloc de marbre de carrare.
- Les revêtements muraux.
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