| Ce plâtre
ciselé compose une grande partie des décors
marocains et plus particulièrement dans les palais,
mosquées et medersas.
Le plâtre marocain durcit moins rapidement que le plâtre
industriel, parce qu'il est volontairement préparé
à cette fin. Ce long séchage laissera le temps
à l'artisan de le sculpter, car il suffit de le mouiller
pour qu'il s'attendrisse, ce qui même après la
pose, permet d'apporter des corrections ou raccords.
Le plâtre est étalé en couches épaisses
de quelques centimètres sur la surface à décorer.
Cette épaisseur varie selon la qualité du travail
souhaité, généralement 3 à 4 centimètres.
Le ghabbar trace des motifs à la règle ou au
compas mais le plus souvent à l'aide de gabarits ou
de poncifs au pochoir.
Le maallem ghabbar est un dessinateur respectueux des tracés
régulateurs. Il doit être aussi à l'aise
dans de minutieux détails d'enluminure ou de calligraphie
que dans de grandes surfaces architecturales, en façades
particulièrement.
Le gebs et la calligraphie
La calligraphie a pris une importance particulière
dans les décors muraux et
c'est certainement dans le gebs qu'elle a trouvé son
plus complet épanouissement. Cette calligraphie se
retrouve le plus souvent en frise bordant la partie supérieure
des panneaux muraux de zelliges.
Les chemmassiats
A
l'origine, petites fenêtres découpées
et ciselées dans le plâtre puis incrustées
de vitraux, les chemmassiats sont destinées à
laisser entrer la lumière au cur des édifices
tout en conservant leur fraîcheur.
Pour réaliser ce travail, l'artisan coule une plaque
de plâtre dans un simple cadre de
bois, sur le sol. Lorsque cette plaque a suffisamment durcit,
il la fixe provisoirement au mur et la sculpte comme un gebs
traditionnel. Toutefois sa sculpture est plus profonde et
transperce le panneau en de fines dentelles. Les ouvertures
ainsi réalisées sont ensuite obturées
par des vitres de couleurs vives. C'est ainsi qu'apparaissent
les chemmassiat qui répandent comme un feu d'artifice
la lumière du soleil (chems en arabe). |